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Vie chrétienne et vie quotidienne

Vivre sa foi dans le réel

Je ne conçois pas la vie chrétienne comme un univers séparé, réservé aux dimanches et aux moments “religieux”. Si la foi est une relation réelle avec Dieu, elle doit forcément se voir dans le concret : la manière de travailler, de traiter les gens, de décider, de gérer la pression, de réagir quand personne ne regarde. C’est là que la foi devient crédible, parce qu’elle cesse d’être un langage pour devenir une manière de vivre.

Vie professionnelle

Ma foi influence directement ma façon de travailler. Pas seulement dans ce que je dis, mais dans ce que je fais : la rigueur, l’honnêteté, le respect des délais, la qualité de ce que je livre, la manière dont je gère l’argent, les contrats, les promesses. Je refuse l’idée qu’un chrétien peut être spirituel et négligent. Un travail bâclé, des excuses constantes, une parole instable, ce n’est pas un manque de talent, c’est un manque de cohérence.

Vivre sa foi au travail, c’est aussi savoir rester droit quand la facilité se présente : tricher, mentir, manipuler, écraser les autres pour réussir plus vite. C’est apprendre à réussir sans vendre son intégrité. C’est accepter d’être compétent, fiable, et de faire de l’excellence une habitude, pas un événement.

Relations

La foi se mesure beaucoup dans la manière de gérer les relations. Parce que les relations révèlent le cœur : la patience, l’orgueil, la jalousie, l’hypocrisie, la capacité à écouter, à demander pardon, à pardonner, à mettre des limites saines.

Vivre sa foi dans les relations, ce n’est pas chercher à paraître gentil. C’est être vrai, juste et responsable. C’est apprendre à aimer sans idolâtrer, à aider sans s’épuiser, à être présent sans se laisser vider. C’est aussi refuser l’ambiance de jugement permanent, où l’on passe son temps à qualifier les gens de “bons” ou “mauvais” selon leurs failles. Je crois qu’on peut être ferme sur les principes et humain dans le regard. L’Évangile n’excuse pas tout, mais il empêche de mépriser.

Leadership

Pour moi, le leadership est un terrain où la foi doit être visible. Parce que diriger, influencer, porter une vision, c’est aussi gérer du pouvoir. Et le pouvoir révèle. Un leadership chrétien ne se résume pas à parler de Dieu devant une équipe. Il se voit dans la manière de traiter les gens : écouter, donner un cadre, corriger avec respect, protéger la dignité, assumer ses décisions, reconnaître ses torts.

Je refuse un leadership qui se nourrit du contrôle, de l’intimidation ou du culte de la personnalité. Je crois à un leadership qui sert, qui construit, qui responsabilise. Un leader mature ne cherche pas des disciples à admirer, il cherche des personnes à élever. La foi, dans le leadership, devient une manière de diriger avec justice, vérité et cohérence, même quand cela coûte.

Responsabilité sociale

Vivre sa foi dans le réel, c’est aussi comprendre qu’on ne peut pas aimer Dieu et mépriser les réalités humaines autour de soi. La foi n’est pas une bulle. Elle m’appelle à être attentif à la dignité, à l’équité, à la justice, à la souffrance des autres, à la vérité dans la société.

La responsabilité sociale, ce n’est pas seulement faire des dons ou publier des phrases inspirantes. C’est agir avec conscience : ne pas profiter des faiblesses des autres, ne pas participer à la corruption, ne pas normaliser l’injustice, ne pas être indifférent. C’est aussi contribuer, à son niveau, par le travail, l’exemple, l’éducation, la construction. Une foi qui ne produit aucune responsabilité finit par devenir un confort spirituel, pas une lumière.

Témoignage par les actes

Je crois que le témoignage le plus fort est souvent silencieux. Les actes parlent mieux que les slogans. La manière de tenir parole, de respecter les gens, d’être cohérent, de travailler sérieusement, de gérer ses émotions, de rester droit quand on pourrait tricher.

Le témoignage par les actes, ce n’est pas faire le moraliste ou le donneur de leçons. C’est vivre une foi qui laisse des traces : on voit la différence dans la constance, dans la paix, dans la façon d’aimer, dans la façon de décider. Parfois, ce n’est pas ce que l’on dit qui interpelle, c’est ce que l’on refuse de faire, et ce que l’on choisit de faire à la place. Quand la foi devient visible dans les actes, elle devient crédible, et elle donne envie d’être comprise.

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