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Vie chrétienne

Je conçois la vie chrétienne comme une relation vivante avec Dieu ; au-delà d’une simple liste de choses à faire ou à éviter, elle devient une marche consciente où la foi cesse d’être un fardeau pour devenir une communion.

Mon histoire

Je suis né le 12 mars à Pointe-Noire, en République du Congo. Je n’ai toutefois aucun souvenir de cette ville, car j’ai grandi à Brazzaville, avant d’effectuer plusieurs séjours en France, expériences qui ont progressivement façonné ma vision du monde, de la foi et de la responsabilité individuelle.

Je suis issu d’une famille chrétienne. Je n’ai pas rencontré Jésus-Christ lors d’une croisade, ni à travers un événement émotionnel spectaculaire. Ma découverte de la foi s’est faite dans le cadre familial, au quotidien. Ma mère est une femme d’une foi profonde et constante. Elle n’a eu que Christ comme appui, comme repère et comme socle. Mon père, quant à lui, croyait en Dieu sans être engagé spirituellement. Il n’était pas athée, mais sa foi restait distante, peu pratiquée, mais il était d’une grande moralité.

Très tôt, nous fréquentions l’école du dimanche, notamment dans les écoles locales de Chapelle des Vainqueurs. Cette fréquentation n’était pas négociable. Ceux qui n’y allaient pas n’avaient pas droit au petit-déjeuner. C’était une forme de dictature mais je ne pense pas que maman le définisse ainsi, elle a une façon très bizarre de voir les choses, mais on l’aime. Avec le temps, nous avons appris à nous passer de ce petit-déjeuner, donc on y allait pas.

À l’âge de 12 ans, j’intègre l’Institut biblique Parole de Foi, dans sa version junior. J’y reçois un enseignement sur la vision, la direction divine, la Parole de Dieu, le Saint-Esprit, la sanctification, la pureté, l’onction, le service et les fondements du Royaume de Dieu. J’y apprends énormément. À ce stade, je ne peux pas dire que ma démarche était pleinement personnelle. J’y étais parce que cela comptait pour ma mère. J’aimais l’environnement, le cadre, l’enseignement, mais la foi restait encore davantage une transmission qu’une relation vécue. Mais ce n’était pas forcé non plus. À la fin du module consacré à la Parole de Dieu, ma mère m’offrit une Bible. J’ai conservé cette Bible pendant de nombreuses années.

À l’issue de cette période, notre famille déménage. Nous changeons de quartier et également de station d’église. J’intègre alors une petite assemblée de la Chapelle des Vainqueurs que j’aimais moins. Ma présence y était irrégulière, parfois totalement absente, jusqu’au jour où Madame Ankany me dit : « Chadrac, je veux te voir à l’église tous les jours. » Son approche était bienveillante, presque maternelle, je ne la connaissais pas avant, mais je l’ai aimé après. Elle m’offrait parfois des chocolats, et je revenais de temps en temps. Il y avait aussi, chez les adolescents, une jeune fille qui me plaisait beaucoup, ce qui rendait mes venues plus fréquentes. Plus tard, Madame Ankany décédera. Ce fut la première fois de ma vie que je ressentis profondément la douleur de la disparition d’une personne. Cette expérience a introduit une nouvelle dimension dans ma compréhension de la vie, de la fragilité humaine et du temps.

Je continuais à fréquenter l’église et l’école du dimanche, jusqu’à une période charnière de mon existence. À 16 ans, je commence à me poser de véritables questions existentielles : Qui suis-je réellement ? Pourquoi est-ce que j’existe ? Quelle est ma mission sur cette terre ?

Je savais que ces questions ne pouvaient pas rester sans réponse. À 12 ans, j’en avais entendu parler à l’Institut Biblique. À 16 ans, j’en avais besoin et j’avais besoin de ces réponses. C’est alors que, pour la première fois, j’ouvre cette Bible de moi-même, sans contrainte, sans pression extérieure. Je tombe sur un passage qui affirme que Dieu n’exauce pas les pécheurs. Cette lecture me confronte intérieurement. Je ferme les yeux et, pour la première fois de ma vie, je fais une prière de repentance consciente, personnelle et assumée.

Cette nuit-là, je fais un songe marquant. Je me vois dans une immense salle, face à une foule nombreuse. Au fond, une nuée. Des vies transformées. À mon réveil, je suis profondément bouleversé. Ce n’était pas un sommeil ordinaire. Tout semblait réel et tangible. Peu de temps après, je m’inscris aux cours bibliques du niveau 1, et je fis mon baptême. Je prends alors une décision de servir Dieu tout au long de ma vie, non par obligation, mais par conviction et par relation.

Les piliers spirituels qui structurent ma marche chrétienne

La crainte de Dieu

La crainte de Dieu est le socle d’une foi chrétienne équilibrée et vivante. Elle n’est ni la peur de Dieu ni une contrainte religieuse, mais une disposition intérieure faite de respect, de conscience et de responsabilité. Elle installe Dieu au centre de la vie et influence les choix, même dans les moments où personne ne regarde et où aucune règle extérieure ne s’impose.

« La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse » (Proverbes 9:10). Sans la crainte de Dieu, la vie chrétienne se vide progressivement de sa profondeur. Elle devient superficielle, instable, guidée par l’émotion, la facilité ou la pression des circonstances, plutôt que par des convictions claires et durables.

La parole de Dieu

La Parole de Dieu est le repère central de ma foi chrétienne. Elle éclaire la pensée, ajuste la trajectoire de vie et nourrit une relation saine et durable avec Dieu. Elle ne se limite pas à un texte à réciter, mais devient une référence vivante qui oriente les choix, les convictions et la conduite quotidienne.

« Comment le jeune rendra-t-il pur son sentier ? En se dirigeant d’après ta parole. » (Psaume 119:9) Je crois en une approche qui associe pleinement la compréhension spirituelle et l’intelligence des Écritures. La Bible ne demande pas uniquement une adhésion de foi, mais aussi un engagement de la pensée. Elle appelle à être comprise afin d’être vécue avec cohérence

La prière

Je définis la prière comme une conversation, simple, directe et vraie. Elle n’est pas un exercice formel ni une démonstration spirituelle. Je ne crois pas aux longues prières que l’Église tente parfois de présenter comme le moyen unique ou ultime de vivre la foi. La prière n’a pas besoin d’être longue pour être authentique ; elle a besoin d’être sincère, habitée et vraie.

Une véritable vie de prière est avant tout une intimité. Elle ne se mesure pas au temps passé ni au nombre de mots prononcés, mais à la qualité de la relation. La prière n’est pas une question de chronomètre, mais de présence. Lorsqu’elle est comprise dans sa dimension relationnelle, la longueur cesse d’être un critère. On ne cherche plus à prier longtemps, on demeure simplement dans la présence de Dieu. Et c’est précisément à ce moment-là que l’on ne se rend plus compte du temps que l’on passe avec Lui, parce que la prière est devenue une relation, et non une obligation.

L'Amour

J’aime les gens. Et j’ai toujours été en opposition avec cet évangile qui pousse à repousser les pécheurs, à exclure plutôt qu’à comprendre, à juger plutôt qu’à aimer. Pour moi, ce positionnement est en contradiction directe avec le cœur même du message chrétien.

L’Évangile n’a jamais eu pour vocation de créer des cercles fermés ou des élites spirituelles. Jésus n’a pas construit sa mission en se tenant à distance des gens, mais en allant vers eux, tels qu’ils étaient. Aimer les personnes ne signifie pas tout approuver, mais refuser de réduire un être humain à ses fautes. La foi perd son sens dès qu’elle cesse d’aimer

La vision

La vision , pour moi, consiste à apprendre à reconnaître où Dieu conduit, plutôt que d’avancer au gré des circonstances ou de l’impulsion du moment. Elle demande de l’écoute, du discernement et surtout du temps. Comprendre la direction divine, ce n’est pas chercher des réponses rapides, mais accepter un chemin où la clarté vient souvent avec la relation.

Cette vision m’aide à faire des choix posés, à éviter les décisions précipitées et à savoir quand avancer comme quand attendre. Elle ne repose pas sur des signes spectaculaires ou des impressions passagères, mais sur une relation stable avec Dieu, nourrie par la prière et par la Parole.

La sanctification

La sanctification, pour moi, est un chemin qui se fait dans le temps. Elle ne correspond pas à une perfection atteinte du jour au lendemain, ni à une image que l’on cherche à projeter. Elle touche ce qui se transforme peu à peu : la manière de penser, les réactions, les choix que je fais quand personne ne regarde.

Je ne la vis pas comme une pression, mais comme une conséquence naturelle de la relation avec Dieu. Plus cette relation devient réelle, plus certaines choses n’ont simplement plus leur place. Le changement ne vient pas d’un effort forcé, mais d’un désir intérieur d’alignement.

La consécration

La consécration est le fait de réserver volontairement ma vie à Dieu. Elle commence à l’intérieur avant de se voir à l’extérieur. Elle concerne mes choix, mes priorités, les limites que j’accepte et les directions que je refuse. Me consacrer, ce n’est pas changer de langage ou de décor, c’est décider clairement à qui j’appartiens et qui oriente ma vie.

La consécration n’est pas une accumulation d’interdits. Elle est une cohérence entre ce que je crois et ce que je vis. Plus ma relation avec Dieu est réelle, plus certaines choses perdent naturellement leur attrait. Je ne me prive pas pour prouver quelque chose, je m’éloigne de ce qui abîme la relation.

Vie chrétienne et vie quotidienne

Transmission et enseignement

Ce que je défends, ce que je refuse

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